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Pierrette Fleutiaux signe un tendre roman |
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Poursuivons la rentée littéraire.
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L'auteur livre aux lecteurs un " témoignage "
romancé et en grande partie autobiographique (" Je ne sais pas écrire
un témoignage. Un témoignage, c'est la vie de tout un chacun copiée au
plus près. Pour la vie copiée au plus près, je n'ai pas besoin d'un livre. ").
Il s'agit de ta finale vie de sa mère : à partir du moment où celle-ci
ne pouvant plus rester seule, entre dans une maison de retraite, jusqu'à
sa disparition. Le décor n'est autre que Limoges, ville où étaient installés
les parents de Pierrette Fleutiaux. " Quand je n'aurai plus de raison
d'y aller, j'y serai par la pensée, presque chaque jour ". Atteint
de la maladie de Parkinson, le père de l'auteur ancien directeur de l'Ecole
Normale meurt. Son épouse va vivre seule, quelque temps dans une maison
qui devient trop grande. En accord avec ses enfants, elle se retire dans
une maison de retraite réputée pour être confortable (située près de l'Hôtel
de Région). Elle y restera jusqu'à sa mort. D'une page à l'autre, Pierrette
Fleutiaux exprime les rapports mère-enfants, plus précisément mère fille ;
traduit avec exactitude les sentiments d'une femme qui ne se laisse pas
abattre et qui prépare chaque jour avec plus de minutie son départ pour
l'au-delà. C'est aussi le désir pour la fille que sa mère puisse être
heureuse avec tout ce que cela comporte dans la vie de tous les jours :
chaque objet familial est le prétexte pour la mère de Pierrette de se
replonger dans les souvenirs, à faire dérouler des séquences de sa vie.
Dans le même temps, cela déclenche des flash back dans la mémoire de Pierrette...
Au travers de ce cheminement, l'auteur dépeint avec exactitude les traits,
les attitudes, le train train, d'une certaine vieillesse : le souci
de la mère de partager ce qui lui reste avec ses enfants, de rester digne
dans cette maison de retraite huppée où " les charges, sont très
élevées ", où chez " les pensionnaires il n'y a que l'extérieur
qui compte "... Ce rapport mère fille, le reflet d'une vie (et par
transposition de sa vie), les facettes dont l'important environnement
de la vieillesse..., sont exprimés avec tendresse, affection, sérénité
et amour s enfants et le regard apaisé et porteur de sens d'une
maturité : assumée et sereine. Merveilleuse synthèse.
Jacques Morlaud
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