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Madame Figaro
Jumeaux dizygotes dont les parents ont sillonné le
monde, Léo et Camille ressemblent à des « petits
princes gâtés et solitaires ». Lorsque Raphaël
croise pour la première fois leur chemin à Bourgneuf, la
modeste ville de province où il a grandi, on peine à distinguer
le garçon de la fille. D'autant que ces deux là s'accrochent
farouchement à leur ressemblance. Raphaël, leur ainé
de trois ans, va successivement devenir leur baby-sitter, leur souffre
douleur, le garde fou de leurs peurs, puis leur scribe. Pourquoi tomber
aussi facilement sous l'emprise de ces enfants terribles ? Sans doute
parce que Raphaël s'ennuyait aux côtés d'une mère
employée de mairie. Il faut reconnaître que les jumeaux surent
faire preuve de séduction avec un fils unique ressentant le besoin
de devenir le compagnon perdu. Servi par une construction habile, une
écriture enlevée, le roman de Pierrette Fleutiaux alterne
les époques, brouille les pistes. Il s'est manifestement passé
quelque chose de grave, puisque Raphaël témoigne devant madame
le juge dans une salle du palais de justice, mais chut, n'en révélons
pas trop. Pierrette Fleutiaux raconte à merveille les fascinations
de l'enfance et les troubles de l'adolescence à travers l'évocation
d'un trio forcément bancal. Un trio qui tanguera dangereusement
lorsque Raphaël essaiera d'y adjoindre un quatrième élément
Alexandre Fillon
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