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Robin et la petite sirène |
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" Allons nous être heureux ? " Question
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Allons nous être heureux ? Question essentielle que se posent tous ceux qui, d'une manière ou d'une autre, entreprennent de faire ensemble un petit bout de chemin. Question que se poseront donc, un jour, Robin et Beauty quand ils se rencontreront, se reconnaîtront et décideront de faire ensemble un bout de chemin, le plus long possible. Ce jour là, Beauty racontera son enfance à Robin qui se plaindra, lui, de son manque de mémoire. Mais ce jour là est encore lointain et Pierrette Fleutiaux ne nous en dira pas grand chose, sinon qu'il existera et sera sans doute très beau. Même si le happy end n'est pas tout à fait assuré. Le titre anticipe la fin du livre qui raconte, lui, tout ce que Robin et Beauty auront à se dire, à partager. Allons nous être heureux ? pose la question fondamentale du futur en remontant aux sources de chaque être, à son passé. Beauty et Robin sont tous deux des êtres " différents " , avec la force, la fragilité et la tolérance que cela engendre. D'origine française, Robin vit à New York avec ses parents et voudrait désespérément être " normal ". C'est à dire américain. Avoir une maman sans accent, connaître tous les noms de tous les joueurs de baseball... Beauty, elle, est née à Miami dans une famille on ne peut plus américaine. C'est à dire " tournée vers le futur " et les deux pieds sur terre, campés dans les horaires à respecter et les réalités matérielles. Elle, au contraire, petite fille disgracieuse, est un lien vivant avec le passé. Et elle porte en elle une vie intérieure intense. Petite, elle a longtemps regardé le ciel de Floride, elle est tombée dans l'eau de la piscine et " partout en elle s'est étendu le bleu magnifique ". Depuis, en elle, " celle qui décide est la sirène inconnue qui habite à l'intérieur d'elle-même, dans l'eau bleue répandue au fond de son âme, et cette sirène n'a pas à se soucier du monde extérieur, de ses écueils et de ses tempêtes ". Cela lui donne une étrange intuition des autres et
de ce qui leur convient. Elle pourra réconforter son père
mieux que quiconque quand il perdra son emploi. Car la douleur fait irruption
dans les pages. Dans la famille de Beauty, c'est la faillite qui fait
voler en éclats le modèle américain, déséquilibrant
les surs aînées, les parents. Pour Robin, la douleur
c'est de quitter l'Amérique et de rentrer en France, " ce
pays tellement riquiqui que c'est à peine si ses copains savent
où il se trouve ". Et cela se passe mal, surtout
à l'école. Et puis ses parents divorcent et le monde s'écroule.
Et les avions, les taxis, les aéroports... Robin et Beauty, c'est
la fascination de l'un pour l'Amérique et de l'autre pour l'Europe.
Des regards croisés qui démontent les mythes d'ici et de
là-bas. Et le drapeau américain le symbolise à merveille
avec " les étoiles, à qui on dit "oui"
bien sur, et les barres, les sombres barreaux qui bloquent la vie, on
dit "non", cela va de soi ". Robin et Beauty,
c'est la souffrance que l'on surmonte et qui rend meilleur. Allons
nous être heureux ?, c'est une sorte de conte de fées
des temps modernes. La vilaine petite fille s'y transforme en ravissante
jeune fille, le petit garçon exilé trouve sa place dans
la vie. Et puis, il y a la piscine de Beauty, un peu magique, et le ballon
de Robin, " un être à part, un génie
très fidèle et très rusé ".
Comme dans les vrais contes de fées, les épreuves sont initiatiques
et permettent de progresser. Les obstacles permettent de grandir. Le symbole
est partout présent. Mais sans lourdeur, sans insistance. Un roman
qui allie le regard grave et sans concession des enfants et le regard
apaisé et porteur de sens d'une maturité : assumée
et sereine. Merveilleuse synthèse.
A.M.P
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